Le burnout n’est pas seulement lié au stress ou à la fragilité individuelle. Il est aussi le reflet d’un management moderne qui isole les salariés au lieu de les soutenir.

La sociologue Danièle Linhart l’a montré : les méthodes comme le lean management, la qualité totale ou l’excellence opérationnelle ont détruit un pilier essentiel de la santé au travail — les collectifs de travail.
Quand le collectif disparaît au travail
Autrefois, le collectif jouait un rôle protecteur. On pouvait demander de l’aide, partager des difficultés, trouver des solutions ensemble.
Aujourd’hui, cette protection a presque disparu.
Chaque salarié doit être “autonome”, prouver sa performance, respecter des indicateurs précis. Mais cette autonomie est souvent fictive, car elle s’exerce dans des cadres rigides et parfois absurdes.
Résultat : isolement, perte de solidarité et épuisement.
Isolement et perte de sens : un risque accru de burnout
Travailler sans collectif, c’est perdre une dimension essentielle : le lien humain.
L’individu se retrouve face à un paradoxe :
- être autonome, mais sans réelle liberté ;
- être performant, mais sans véritable soutien.
Cette situation favorise l’épuisement psychologique et alimente le sentiment de perte de sens.

📊 En 2021, plus de 60 % des salariés déclaraient que leur travail n’avait plus de sens.
Un signal fort qui montre à quel point la désocialisation du travail fragilise la santé mentale.
Pourquoi le retour après un burnout est si difficile
De nombreuses personnes témoignent que le retour au travail après un burnout est encore plus difficile que l’arrêt.
Pourquoi ?
Parce que le collectif qui pourrait accueillir et soutenir a disparu.
Sans cet appui, le salarié revient dans le même système qui l’a conduit à l’épuisement, mais avec encore moins de ressources personnelles.
C’est l’une des raisons majeures des rechutes de burnout.
Prévenir le burnout : reconstruire du sens et de la solidarité
Pour réduire les risques de burnout et faciliter les retours réussis, les entreprises doivent repenser leur organisation.
Cela implique de :
- recréer des espaces collectifs d’entraide ;
- valoriser la coopération plutôt que la compétition ;
- assouplir les cadres rigides pour permettre une autonomie réelle.
Le travail ne doit pas être un lieu d’isolement. Il peut redevenir un espace vivant, porteur de sens, solidarité et vitalité.

Conclusion
L’isolement au travail est l’un des grands paradoxes du management moderne.
Il fragilise les salariés, rend les retours après burnout difficiles et augmente la perte de sens.
Reconstruire des collectifs solides n’est pas une utopie. C’est une urgence si nous voulons que le travail redevienne un lieu de santé, d’énergie et d’engagement.